Forza Horizon 6 emmène enfin la série au Japon, et ce simple changement de décor suffit à lui donner un élan que l’épisode mexicain n’avait pas toujours su garder sur la durée. Le plus important n’est pas seulement de voir Tokyo, le mont Fuji ou des routes de montagne taillées pour le drift. C’est surtout la façon dont Playground Games s’en sert pour pousser sa formule à son meilleur niveau actuel : un monde ouvert plus dense, une progression un peu mieux cadrée, et des épreuves spectaculaires qui assument enfin le grand n’importe quoi arcade de la licence.

La carte aligne les cartes postales connues, mais sans chercher la reconstitution stricte. Tokyo y devient un immense terrain de jeu urbain, bien plus vaste que Guanajuato dans Forza Horizon 5, pendant que les Alpes japonaises, les zones côtières, les rizières, les forêts et les cols enneigés viennent casser le rythme. Les saisons changent tous les quelques jours, avec un vrai impact sur la conduite : pluie épaisse, brouillard, neige et perte d’adhérence ne sont pas là pour faire joli. Le résultat, c’est un Forza Horizon plus vivant, plus contrasté, et surtout plus agréable à parcourir juste pour rouler.

Cette envie d’explorer est renforcée par le volet Discover Japan, qui récompense aussi bien les courses de rue que les photos de lieux, les balades guidées, la chasse aux collectibles ou les activités annexes. Les missions de livraison de RakuRaku Express ont l’air d’être parmi les meilleures trouvailles du lot, avec un vrai petit parfum de Crazy Taxi au milieu de Tokyo. Les touge en un contre un apportent aussi un hommage logique à la culture auto japonaise, sans transformer tout le jeu en festival de drift obligatoire.

Forza Horizon 6 screenshot
Crédit : Forza Horizon 6
Forza Horizon 6 dans son décor japonais

Une formule mieux rythmée, mais toujours trop généreuse

Playground retouche aussi la structure de progression. Cette fois, l’accès aux différentes étapes du festival passe par des bracelets de couleur, tandis que Discover Japan avance avec ses propres paliers. L’idée fonctionne plutôt bien parce qu’elle donne un peu plus de sens à l’ascension, sans casser la liberté de la série. Il reste pourtant un vieux défaut bien connu : Forza Horizon 6 distribue encore voitures, crédits et récompenses à un rythme absurde. Avec plus de 550 véhicules au lancement, on a de quoi faire, mais ce déluge finit encore par émousser la valeur de certaines machines.

La conduite, elle, reste le cœur du plaisir. Le jeu assume une base très arcade, lisible immédiatement, mais capable de devenir plus exigeante quand on retire les assistances. Les Drivatars semblent un peu plus solides, avec une IA moins bêtement agressive et davantage capable de fermer une porte ou de défendre sa ligne. Tout n’est pas parfait pour autant : certaines remontées paraissent encore artificielles, et la structure générale de la série commence à montrer son âge avec une carte saturée d’icônes et une progression parfois trop pressée de vous récompenser.

Le Japon change vraiment l’allure de Horizon

Là où cet épisode marque des points, c’est dans sa capacité à relancer la mise en scène. Les Showcase et surtout les nouvelles épreuves Horizon Rush semblent bien plus mémorables que dans les anciens jeux, avec des parcours mouvants, des obstacles, et une vraie envie de faire du festival Horizon un spectacle total. Ce ton plus excessif lui va très bien. Forza Horizon n’a jamais cherché la retenue, et ce sixième épisode paraît meilleur quand il arrête de faire semblant.

Forza Horizon 6 screenshot
Crédit : Forza Horizon 6

Techniquement, le chantier suit. Sur Xbox Series X, le jeu propose un mode Qualité en 4K et un mode Performance à 60 images par seconde avec résolution dynamique jusqu’à 1620p. Le rendu des carrosseries, des reflets et de la météo revient souvent dans les points forts, tout comme les temps de chargement très courts. Les retours sont un peu plus mitigés sur quelques à-coups PC, mais l’ensemble donne l’image d’un jeu très propre, taillé pour durer, et renforcé par un gros volet communautaire autour des garages, de l’EventLab, des convois et des activités multi.

Forza Horizon 6 ne réinvente pas sa série. Il l’affine, la muscle et lui offre enfin le décor que beaucoup réclamaient depuis des années. Il garde aussi ses travers, entre progression trop gavée de récompenses et personnalisation auto encore frustrante pour un épisode qui embrasse autant la culture JDM. Mais manette en main comme dans sa structure globale, il ressemble surtout à l’aboutissement le plus solide de la formule actuelle.