L’Evercade Nexus pousse encore plus loin l’idée un peu à contre-courant d’Evercade: une console portable moderne, vendue 199 dollars, pensée pour des cartouches physiques sous licence. À l’heure où le rétro passe souvent par l’émulation, les ROM hacks et les bibliothèques numériques sans fin, cette nouvelle machine choisit un rythme plus lent, plus cadré, avec des jeux que l’on achète, range et lance comme à l’ancienne.

La Nexus est la plus grande portable jamais produite par Evercade. Elle embarque un écran IPS de 5,89 pouces en 840 x 512, avec une luminosité annoncée au-delà de 500 nits. Le format 16:9 reste adapté au catalogue Evercade, largement composé de jeux 8-bit et 16-bit en 4:3, mais aussi de titres compatibles avec un affichage plus large ou étiré. L’écran ressort comme l’un des gros progrès par rapport aux précédentes machines de la marque, notamment pour les longues sessions.

Evercade Nexus avec un jeu rétro affiché à l’écran
L’Evercade Nexus reste centrée sur les cartouches physiques et un grand écran IPS. Crédit : Evercade

Une portable plus confortable, mais pas sans défauts

Le châssis adopte des poignées plus marquées que l’Evercade EXP, avec deux sticks analogiques, une croix inspirée des manettes SEGA des années 90 et des boutons plus larges. Les sticks sont décrits comme confortables, avec des grips concaves et des clics L3/R3, même s’ils ne sont pas à effet Hall et ne proposent pas de personnalisation particulière. La croix directionnelle semble précise, mais ses grands espaces autour du plastique pourraient attirer poussière et saletés avec le temps.

Tout n’est pas aussi propre. Le bouton Menu peut rester coincé assez souvent, autour d’une pression sur quatre dans l’essai source, et les gâchettes L2/R2 déçoivent par leur course très courte malgré leur taille. La console dispose aussi de haut-parleurs en façade, d’un port USB-C, d’une prise casque 3,5 mm, du Bluetooth et d’un port cartouche jugé bien plus agréable à utiliser que sur les anciens modèles.

Le physique au centre de l’expérience

L’interface reste fidèle à la philosophie Evercade: on insère une cartouche, la console affiche l’illustration, les infos du jeu, le genre, le nombre de joueurs, les commandes, le temps joué et les sauvegardes. Le menu en jeu donne accès aux save states, aux réglages d’affichage, aux scanlines, aux bordures et au retour vers l’accueil. La Nexus propose aussi EverSync, une fonction sans fil entre deux consoles Nexus, avec la possibilité de jouer à deux avec une seule cartouche compatible.

Le catalogue dépasse aujourd’hui les 80 cartouches, toutes compatibles avec plusieurs machines Evercade selon les cas. Les cartouches coûtent généralement entre 20 et 40 dollars, soit environ 19 à 37 €. La Nexus arrive avec un double pack Banjo-Kazooie conçu pour elle, avec des bonus et fonctions absents des versions d’origine. C’est aussi ce cadre fermé qui fait son intérêt: pas de carte SD remplie à la va-vite, pas de zapping permanent, mais une sélection physique que l’on assume.

Un logiciel encore perfectible

La partie logicielle demande encore du travail. L’allumage prend plus de 30 secondes avant d’atteindre le menu principal, et l’absence de vrai mode veille pèse vite si l’on pose la console pendant un quart d’heure. Certains comportements paraissent aussi étranges, comme l’audio qui continue quelques secondes après extinction de l’écran. Des artefacts verts apparaissent au lancement de certains jeux NEOGEO, même si cela pourrait être lié à la séquence de démarrage de ces titres.

L’autonomie annoncée dans l’usage tourne entre 3 et 5 heures grâce à une batterie de 5000 mAh, un résultat cohérent pour une machine avec un écran aussi grand. Il n’y a pas de sortie HDMI ni de sortie vidéo, Evercade gardant cette fonction pour ses consoles de salon. Les écouteurs Bluetooth fonctionnent, mais la latence observée approche la demi-seconde, trop élevée pour jouer confortablement à beaucoup de jeux d’action.

L’Evercade Nexus doit sortir fin octobre. Son prix de 199 dollars la place dans une zone plus chère que les anciennes portables de la marque, surtout avec les cartouches à acheter séparément, mais son intérêt tient justement à ce choix: une console rétro moderne qui ne cherche pas à tout avaler, mais à redonner du poids à chaque jeu lancé.

Source: RetroDodo