Rétro · Game Boy Advance

Ace Attorney fête ses 25 ans en attendant un septième épisode

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Crédit : Capcom

Ace Attorney a 25 ans. Avant les cartouches Nintendo DS arrivées en France le 31 mars 2006, la série de Shu Takumi est née au Japon le 12 octobre 2001 sur Game Boy Advance sous le nom Gyakuten Saiban, avec un certain Naruhodō Ryūichi que l’Occident apprendra à appeler Phoenix Wright.

La version originale ne contenait que quatre affaires. La cinquième, bien connue des joueurs DS, a été ajoutée plus tard pour accompagner le passage sur la portable à deux écrans. Ce détail rappelle bien le statut du premier épisode : un jeu pensé petit, développé par une équipe réduite chez Capcom, mais déjà construit autour d’une idée très forte.

Shu Takumi voulait faire du tribunal une arène. Dans un entretien, il expliquait avoir imaginé « un immense colisée » où des « gladiateurs du verbe » s’affrontent sous les yeux du public. L’objectif n’était pas de simuler le droit, mais de faire ressentir le plaisir très direct de coincer un témoin grâce à une preuve bien choisie.

Un jeu d’enquête qui avait déjà trouvé son rythme

Le premier Ace Attorney pose très vite la grammaire de la série : enquêtes, interrogatoires, contradictions, preuves brandies au bon moment et musiques qui accélèrent quand un témoin commence à perdre pied. Avec peu de moyens, le pixel art expressif et les bruitages donnent du poids aux objections, aux sueurs froides et aux retournements de situation.

L’écriture fait aussi beaucoup. Après une première affaire pensée comme un tutoriel, le chapitre 2 frappe fort avec l’assassinat de Mia Fey, mentor de Phoenix Wright, et l’arrivée de Maya, accusée du meurtre de sa sœur. Dick Tektiv, Benjamin Hunter et Manfred Von Karma s’installent eux aussi dès ce premier jeu, avant que la série ne pousse plus loin son goût pour les personnages excentriques.

Une localisation devenue presque un jeu dans le jeu

Avant de travailler sur Ace Attorney, Shu Takumi était passé par Capcom en 1994 et avait participé à des productions comme Resident Evil 2 et Dino Crisis. Le projet n’avait pourtant rien d’évident à vendre en interne : un jeu d’avocat sur portable, sans action traditionnelle, avec une mécanique fondée sur la lecture et la déduction.

La localisation occidentale a elle aussi marqué l’histoire de la série. L’action de Gyakuten Saiban, située au Japon, a été transposée à Los Angeles en anglais, sans effacer tous les éléments visuels japonais. Le cas le plus célèbre reste Maya Fey, dont l’amour des ramens devient une passion pour les burgers, jusqu’au mème « Eat your hamburgers, Apollo ».

Capcom n’avait pas misé gros sur ce premier épisode, et le producteur Atsushi Inaba a reconnu en 2002 que le jeu n’avait pas été un grand succès commercial au départ. Vingt-cinq ans plus tard, Ace Attorney compte six épisodes principaux, plusieurs spin-offs et 15 millions d’exemplaires vendus, avec des adaptations en manga, film, série animée, concerts et comédies musicales.

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