Crimson Desert fait partie de ces jeux qu’on surveille depuis longtemps. Un RPG open world ambitieux, très attendu, souvent présenté comme spectaculaire et capable de rivaliser avec les références du genre.

Après environ trois heures passées dessus, une décision s’est imposée assez naturellement : ce ne sera pas un test complet.

Pas parce que le jeu est raté. Mais parce qu’il ne donne tout simplement pas encore de raison claire d’aller plus loin.

Voici pourquoi.

Une introduction étonnamment quelconque

Premier contact avec Crimson Desert : une séquence d’ouverture qui surprend, mais pas dans le bon sens.

Pour un jeu régulièrement présenté comme impressionnant, l’entrée en matière reste très classique. On démarre sur un combat basé sur attaque légère, attaque lourde et parade. C’est propre, lisible, fonctionnel.

Mais ça manque clairement de relief.

Rien n’est réellement mauvais, simplement rien ne marque suffisamment pour installer immédiatement l’identité du jeu.

Et pour un RPG open world de cette ambition, c’est un démarrage trop discret.

Crimson Desert screenshot

Kliff : un héros encore trop effacé

Le personnage principal, Kliff, bénéficie d’un design réussi.

En revanche, après plusieurs heures de jeu, il reste difficile de percevoir une vraie personnalité. Ses motivations sont encore floues, ses réactions limitées, et le lien avec le joueur peine à s’installer.

Dans un RPG narratif, c’est un signal faible important.

Une narration qui tarde à exister

Le problème principal vient surtout de là.

Après trois heures de jeu :

  • les enjeux restent flous
  • la narration avance très peu
  • certaines quêtes principales ressemblent davantage à des activités secondaires
  • des événements importants ne sont quasiment pas expliqués

Très tôt dans l’aventure, Kliff meurt, puis revient à la vie.

Sans véritable mise en scène. Sans explication claire. Sans conséquence immédiate.

Même le personnage semble à peine réagir.

Difficile dans ces conditions de s’impliquer dans ce qui devrait pourtant constituer un moment fort.

Des premières heures qui ressemblent à du remplissage

Durant ces premières heures, une partie des missions consiste simplement à déplacer du bétail entre deux points.

Ce type d’activité peut exister dans un open world.

Mais quand il structure les premières heures d’un RPG censé installer son univers, son ton et ses enjeux, cela pose question.

Le jeu donne surtout le sentiment de retarder son véritable démarrage.

Crimson Desert screenshot

Une interface correcte mais très générique

Crimson Desert coche toutes les cases attendues d’un RPG moderne :

  • arbre de compétences
  • inventaire
  • journal de quêtes
  • progression classique

Tout fonctionne.

Mais rien ne se distingue réellement.

L’interface manque parfois de lisibilité et surtout d’identité visuelle. Elle donne une impression très standardisée pour une production de cette envergure.

Des PNJ trop limités pour porter l’immersion

Les interactions avec les PNJ restent très classiques.

Leur comportement, leurs routines et leur présence dans le monde donnent le sentiment d’un strict minimum technique. Cela ne suffit pas à installer une immersion forte dans un open world moderne.

Il ne s’agit évidemment pas de comparer Crimson Desert à une production Rockstar.

Mais en 2026, certains standards d’interaction avec le monde ouvert sont désormais attendus.

Des contrôles améliorés depuis la mise à jour récente

Point important à signaler : les critiques initiales sur les contrôles ont été en partie corrigées.

La mise à jour récente améliore clairement la prise en main. Le jeu est aujourd’hui plus agréable à jouer qu’à ses premières présentations publiques.

C’est un vrai progrès.

De beaux environnements, mais un sound design trop répétitif

Visuellement, les environnements sont réussis.

En revanche, les personnages sont moins convaincants, certaines animations restent simplement correctes, et le sound design manque de variété.

Plusieurs oiseaux utilisent exactement le même bruit. Même constat pour les sabots du cheval de Kliff.

Ce sont des détails, mais ce sont précisément ces éléments qui participent à la crédibilité d’un monde ouvert.

Crimson Desert screenshot

Pourquoi ce retour s’arrête ici

Ce premier contact avec Crimson Desert laisse une impression paradoxale.

Le jeu n’est pas raté. Il est propre, parfois impressionnant visuellement, et plusieurs systèmes fonctionnent correctement. Mais après plusieurs heures de jeu, il manque encore l’essentiel : une direction claire, une accroche narrative forte et une proposition suffisamment marquante pour donner envie d’aller plus loin.

À ce stade, Crimson Desert donne surtout le sentiment d’un RPG qui tarde à commencer.

Peut-être que l’expérience évolue ensuite. Peut-être que le jeu révèle sa véritable ambition sur la durée. Mais lorsqu’un open world demande plusieurs heures avant de poser ses enjeux et son identité, cela devient un choix de rythme qui ne fonctionne pas pour tout le monde.

Ce retour n’est donc pas un test.

C’est un constat après trois heures passées dans son univers : pour l’instant, Crimson Desert ne donne pas encore de raison claire d’y rester.