Capcom vient de boucler l’exercice le plus solide de son histoire en volume de ventes, avec 59,07 millions de jeux écoulés sur l’année fiscale close le 31 mars 2026. Pour un éditeur qui enchaîne déjà les bonnes années, le cap est loin d’être anodin : il s’agit aussi de sa neuvième année consécutive de profits record, avec un chiffre d’affaires et un bénéfice d’exploitation consolidés au plus haut.

Le groupe japonais avait vendu 51,87 millions de jeux un an plus tôt. La progression est donc nette, et elle repose d’abord sur une vieille force de Capcom : sa capacité à faire vivre ses séries dans la durée, sans dépendre uniquement d’un lancement XXL tous les deux ans. Cette fois, Resident Evil a encore servi de locomotive. Resident Evil Requiem, sorti en février, a presque atteint les 7 millions d’exemplaires vendus à la fin mars, soit en à peine quelques semaines.

Capture officielle de Resident Evil Requiem
Resident Evil Requiem a largement contribué à l’exercice record de Capcom.

Le poids énorme du catalogue et du dématérialisé

Le chiffre le plus parlant n’est peut-être même pas celui de Requiem. Capcom précise que 83,7 % de ses ventes de jeux proviennent de titres de catalogue, donc de jeux déjà installés sur le marché. Autrement dit, l’éditeur ne vit pas seulement sur ses nouveautés : il continue de vendre massivement Resident Evil, Monster Hunter, Street Fighter ou Devil May Cry longtemps après leur sortie.

Autre donnée très forte, 93 % des jeux vendus sur l’exercice l’ont été en version dématérialisée. Pour un acteur aussi lié aux grosses séries console, cela dit beaucoup de l’évolution du marché : promos régulières, back-catalogue très visible sur les stores et cycles de vie plus longs pour des jeux déjà amortis. C’est aussi ce qui aide Capcom à empiler les exercices records sans changer radicalement de stratégie d’une année sur l’autre.

Capcom vise déjà une dixième année record

Pour l’exercice qui se terminera en mars 2027, Capcom vise 65 millions de jeux vendus, soit encore près de 10 % de hausse. L’éditeur table sur un chiffre d’affaires de 210 milliards de yens, environ 1,3 milliard d’euros, et sur un bénéfice d’exploitation de 83 milliards de yens, soit un peu plus de 500 millions d’euros. Si ces objectifs sont atteints, la société signerait une dixième année consécutive de profits record.

Le calendrier à venir aide à comprendre cet optimisme. Le prochain exercice intégrera les ventes de Pragmata, déjà monté à 2 millions d’exemplaires en 16 jours, mais aussi Onimusha: Way of the Sword. Mega Man: Dual Override est attendu en 2027. Capcom compte aussi sur la force de ses marques hors jeu vidéo, avec la saison 2 de l’anime Devil May Cry ce mois-ci et le film Street Fighter prévu au cinéma en octobre.

Au fond, l’exercice confirme surtout une chose : Capcom n’avance plus seulement grâce à ses gros lancements. Sa vraie force, c’est un catalogue capable de continuer à vendre massivement pendant des années, avec une part numérique devenue écrasante.