Micromania-Zing a enfin trouvé une issue. Mise en vente par GameStop début 2025, l’enseigne française spécialisée dans le jeu vidéo et les produits dérivés va être reprise par un consortium franco-québécois mené par Stephan Tétrault. Après plus d’un an d’incertitude, la chaîne évite donc le scénario d’une disparition pure et simple, au moins à court terme.
Le dossier compte forcément pour le jeu vidéo en France. Micromania fait partie du paysage depuis plus de quarante ans, avec un réseau encore dense de boutiques et une marque connue bien au-delà des joueurs réguliers. GameStop, qui avait racheté Micromania en 2008, cherchait un repreneur pour sa filiale française dans un contexte compliqué pour les magasins spécialisés.
Le nouvel ensemble est porté par Stephan Tétrault, entrepreneur canadien déjà lié à EB Games Canada, aux côtés de Jean-François Chenail ainsi que de Sandra et Stephen Callahan, propriétaires de Gipsy Toys. Le profil des repreneurs donne une première indication sur la stratégie: conserver l’ADN jeu vidéo de Micromania, mais pousser davantage l’axe pop culture, produits dérivés, figurines et communauté.
Dans les déclarations reprises par plusieurs médias, Stephan Tétrault insiste sur le maintien de la marque Micromania et sur le respect du travail des équipes. La reprise s’accompagne aussi d’un message rassurant sur les magasins et les salariés, avec une volonté affichée de continuer l’activité sans licenciement immédiat.
Le rachat ne règle pas tout. Micromania reste pris entre la baisse du jeu physique, la concurrence des boutiques en ligne, les abonnements, le dématérialisé et les habitudes d’achat qui ont profondément changé depuis la génération PS4/Xbox One. Le magasin de centre commercial qui vendait surtout des boîtes neuves et de l’occasion ne peut plus vivre exactement comme avant.
À cet endroit, le virage pop culture devient central. Figurines, peluches, cartes, accessoires, produits sous licence et événements en boutique peuvent donner une raison de passer en magasin que le simple achat d’un jeu ne suffit plus toujours à créer. Micromania n’a pas besoin de devenir une autre enseigne généraliste: elle doit surtout prouver qu’un réseau physique peut encore servir de point de rencontre pour les joueurs et les fans.
La reprise met donc fin à une période de flottement, mais elle ouvre surtout un chantier. Si le consortium parvient à stabiliser les boutiques, à garder les équipes et à rendre l’expérience plus vivante, Micromania peut rester un nom important du jeu vidéo français. Dans le cas contraire, ce rachat ne fera que repousser la question que GameStop avait déjà posée: quelle place reste-t-il pour une chaîne spécialisée dans un marché où le jeu se vend de moins en moins en boîte?
Sources: BFMTV, IGN France, Clubic, Journal du Geek.
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