La tension monte autour d’Ubisoft, qui fait face à une nouvelle poursuite judiciaire concernant la fermeture de son jeu de course emblématique, The Crew. Cette fois, c’est l’association française UFC-Que Choisir qui a décidé d’agir, soutenue par le mouvement Stop Killing Games, pour dénoncer des pratiques qu’elle juge trompeuses.
Une fermeture controversée
La fermeture des serveurs de The Crew en avril 2024 a suscité un vif mécontentement au sein de la communauté. Les joueurs, qui avaient investi dans le jeu, se sont retrouvés avec un accès complètement coupé, rendant non seulement le mode en ligne inutilisable, mais également les fonctionnalités solo. Cette décision a été perçue comme inacceptable par l’UFC-Que Choisir, qui estime que les consommateurs devraient avoir droit à une utilisation indépendante de leur achat, même après l’arrêt des serveurs.
Des accusations de pratiques commerciales trompeuses
L’UFC-Que Choisir a porté plainte devant le Tribunal Judiciaire de Créteil, arguant que la manière dont Ubisoft a communiqué sur la licence d’utilisation du jeu était trompeuse. Selon l’association, les joueurs n’ont pas été correctement informés des risques liés à l’accès temporaire au jeu qu’ils achètaient. Les petites mentions sur l’emballage du jeu indiquant que les serveurs pouvaient être fermés avec un préavis d’un mois n’ont pas suffi à prévenir les utilisateurs sur la nature véritable de leur achat.
Un enjeu de taille pour l’industrie
Cette action en justice pourrait avoir des implications bien plus larges que le seul cas de The Crew. L’UFC-Que Choisir vise à établir un précédent qui clarifierait les droits des consommateurs face aux pratiques de l’industrie vidéoludique, notamment concernant les licences d’utilisation. Dans un contexte où des millions de joueurs sont concernés, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la propriété et l’accès aux jeux vidéo.
Réponse d’Ubisoft et réactions
Face à ces accusations, Ubisoft, par le biais de son PDG Yves Guillemot, a défendu sa position en affirmant que la nature des services offerts dans le cadre des jeux en ligne implique qu’ils peuvent être interrompus. Pour lui, rien n’est éternel, et même si les utilisateurs paient pour un jeu, cela ne garantit pas un accès indéfinie. Cette déclaration n’a cependant pas apaisé les tensions, et le soutien grandissant pour le mouvement Stop Killing Games atteste du mécontentement général face à ce modèle économique.
Alors que le procès s’annonce, l’issue de cette affaire pourrait marquer un tournant dans la relation entre les éditeurs de jeux et les consommateurs. Reste à voir si la justice française tranchera en faveur d’une meilleure protection des droits des joueurs ou si Ubisoft parviendra à maintenir son modèle de gestion des licences.
Dans un avenir proche, nous devrions avoir plus de précisions sur le déroulement de cette affaire qui pourrait bien redéfinir les contours de la propriété des jeux vidéo en France et au-delà.


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