Le service après-vente coûte cher à Nvidia en ce moment. Les réclamations de garantie liées aux GPU ont atteint 894 millions de dollars en 2025, contre 81 millions un an plus tôt. Une hausse spectaculaire qui dépasse largement la simple ligne comptable, parce qu’elle pose une vraie question pour le marché hardware : est-ce le signe d’une fiabilité plus fragile, ou d’un support devenu beaucoup plus coûteux à assumer ?

Un coût SAV qui bondit brutalement

Au-delà du montant brut, l’indicateur le plus parlant reste le taux de garantie, c’est-à-dire le coût du SAV rapporté au chiffre d’affaires. Il est passé de 0,1 % en 2024 à 0,9 % en 2025. Dit autrement, Nvidia ne fait pas seulement face à une hausse marginale de ses dépenses après-vente : l’écart est suffisamment violent pour devenir un vrai signal d’alerte. Historiquement, la marque évoluait bien plus bas, avec seulement quelques pics ponctuels. Le niveau atteint en 2025 sort donc nettement de la norme.

Pourquoi cela interroge sur la fiabilité

Une telle envolée ne signifie pas automatiquement qu’une génération entière de cartes serait défaillante. En revanche, elle suggère qu’un ou plusieurs paramètres se sont dégradés : davantage de dossiers à traiter, des remplacements plus coûteux, ou un mélange des deux. Sur des composants vendus toujours plus cher, le moindre incident pèse aussi plus lourd dans les comptes. Pour les joueurs PC, c’est précisément là que le sujet devient intéressant : quand les coûts de garantie explosent, la question de la robustesse réelle des produits revient mécaniquement au centre du débat.

Le calendrier des hausses de prix de la VRAM colle d’ailleurs assez bien à l’accélération observée sur l’année. Remplacer une carte ou certains composants coûte plus cher qu’avant, ce qui peut gonfler rapidement la facture. Cela dit, cet effet n’explique pas forcément tout à lui seul. Il aide à comprendre une partie du choc, pas forcément l’ampleur totale du phénomène.

Un signal fort, mais pas encore un verdict

Les cas les plus médiatisés de cartes haut de gamme victimes de problèmes spectaculaires ont évidemment nourri le bruit autour du sujet. Pour autant, il reste difficile d’en faire à eux seuls l’explication centrale de la hausse. À ce stade, le plus honnête consiste à dire que Nvidia encaisse un choc anormalement fort sur sa couverture garantie, sans qu’on puisse encore attribuer proprement toute la dérive à une seule cause.

En face, AMD voit aussi ses coûts progresser, mais dans des proportions moins extrêmes. Cela renforce encore l’impression que le pic observé chez Nvidia mérite une vraie attention. En l’état, le tableau ressemble davantage à un mélange de pression industrielle, de hausse des coûts de remplacement et de tensions sur certains composants qu’à la preuve immédiate d’une panne qualité généralisée. Mais pour une marque aussi exposée sur le très haut de gamme, voir les coûts de garantie s’envoler à ce niveau reste tout sauf anodin.