Ubisoft vient de boucler l’exercice 2025-2026 sur une perte nette record de 1,5 milliard d’euros, contre 243 millions d’euros un an plus tôt. Le groupe encaisse un décrochage brutal sur un an. La restructuration lancée en 2023 continue, mais elle n’a pas suffi à compenser les reports, les annulations et un calendrier de sorties qui reste trop maigre à court terme.

Le groupe a bien réduit ses coûts fixes de plus de 325 millions d’euros depuis le début de son plan d’économies. L’objectif est désormais de pousser jusqu’à 500 millions d’euros d’ici mars 2028. Dans les faits, cela s’est déjà traduit par une baisse des effectifs : Ubisoft comptait 16 590 salariés au 31 mars 2026, soit 1 200 de moins qu’un an plus tôt. Pour les studios du groupe, la phase de coupe n’est donc clairement pas terminée.

Extrait du communiqué investisseurs FY2025-26 d’Ubisoft sur les effectifs et les économies.
Ubisoft

Des économies en cours, mais une année encore plombée

Ubisoft a aussi écrémé son pipeline. L’éditeur dit avoir annulé 7 jeux et reporté 6 autres projets. Cette cure d’austérité explique en partie pourquoi l’exercice 2026-2027 est déjà présenté comme une nouvelle année de transition, avec d’autres pertes attendues. Yves Guillemot parle même d’un “point bas”, entre calendrier timide et coûts de restructuration qui continuent de peser.

Dans l’immédiat, l’un des rares gros rendez-vous mis en avant reste Assassin’s Creed Black Flag Resynced, attendu le 9 juillet 2026. Ubisoft explique aussi que d’autres jeux issus de ses franchises majeures doivent arriver cette année, mais le groupe serre surtout les dépenses aujourd’hui en attendant de relancer la machine sur les exercices 2027-2028 et 2028-2029, avec de nouveaux épisodes d’Assassin’s Creed, Far Cry et Ghost Recon.

Tencent soulage la dette, pas le malaise

Le point le moins sombre du bilan vient de la dette nette, tombée de 885 millions à 187 millions d’euros. Cette chute s’explique par l’injection de 1,16 milliard d’euros apportée par Tencent, en échange d’une participation dans Vantage Studios, la future filiale chargée de franchises comme Assassin’s Creed, Rainbow Six et Far Cry. L’opération redonne de l’air à Ubisoft, sans changer le fond du problème : l’éditeur reste en pleine réorganisation, avec moins d’équipes, moins de projets validés et une dépendance encore plus forte à ses grosses licences.

Au milieu de ce bilan, Rainbow Six Siege tient toujours debout avec 10 millions d’utilisateurs actifs en mars, en hausse à deux chiffres sur un an. En revanche, les lancements de Rainbow Six Mobile et de The Division Resurgence n’ont pas vraiment changé la trajectoire du groupe. À court terme, Ubisoft joue surtout la montre.