L’arrêt de Spellcasters Chronicles ne s’arrête pas à un jeu qui ferme ses portes : selon le STJV, le contrecoup pourrait menacer 95 postes chez Quantic Dream, soit environ un quart des effectifs du studio français. Officiellement, le studio parle d’une réorganisation après l’échec commercial de son premier projet multijoueur. Du côté du syndicat, le ton est bien plus dur, avec des accusations de gestion de projet « catastrophique » et une restructuration qui s’inscrit dans une période très lourde pour l’industrie française.
Quantic Dream a annoncé le 20 mai l’arrêt du développement de Spellcasters Chronicles, lancé en accès anticipé le 28 février 2026. Les serveurs resteront ouverts jusqu’au 19 juin 2026, et les dépenses effectuées pendant l’accès anticipé pourront être remboursées sur demande. Le studio a aussi précisé que cette décision n’affectait pas Star Wars Eclipse, tout en expliquant vouloir recentrer ses efforts sur ses autres projets.
Le problème, c’est l’ampleur de la casse derrière ce recentrage. Dans son communiqué précédent, Quantic Dream assurait que les membres de l’équipe de Spellcasters Chronicles seraient réaffectés « dans la mesure du possible ». Le STJV affirme au contraire que la direction vise l’intégralité de l’équipe du jeu et juge irrecevable l’argument selon lequel ces salariés ne pourraient pas basculer sur Star Wars Eclipse à cause d’un profil trop différent.
Le STJV accuse la direction, Quantic Dream invoque le marché
Selon le syndicat, Spellcasters Chronicles a démarré il y a huit ans comme un projet de taille raisonnable, censé sortir bien plus tôt. Il vise directement David Cage, Guillaume de Fondaumière et Grégorie Diaconu, et estime que le studio a accumulé les itérations sans jamais remettre en cause le modèle économique du jeu. Le STJV parle d’un projet « au coût ubuesque », lancé sur un marché jugé très risqué et sans lien avec la demande actuelle.
Les chiffres visibles sur Steam n’aident pas à défendre le dossier. Selon les chiffres publics relevés sur SteamDB, le pic de fréquentation s’est arrêté à 888 joueurs simultanés avant de retomber très vite à des chiffres à deux digits. Le jeu n’est plus téléchargeable sur Steam et affiche une évaluation globale « moyenne ».
Un coup dur de plus pour le jeu vidéo français
Cette affaire a un poids particulier en France. Quantic Dream n’était pas jusque-là identifié comme un studio coutumier des licenciements, bien au contraire : David Cage rappelait encore en octobre 2025 que l’entreprise avait doublé ses effectifs depuis 2018, avec en plus l’ouverture du studio de Montréal en 2021. L’arrêt de Spellcasters Chronicles casse brutalement cette trajectoire.

Le dossier tombe surtout au mauvais moment. Entre les pertes historiques d’Ubisoft, la procédure touchant Don’t Nod l’an dernier, le redressement judiciaire de Nacon et le recul de NetEase sur plusieurs investissements, la crise ne touche plus seulement des studios isolés. Pour Quantic Dream, l’échec de ce virage multijoueur risque maintenant de laisser une trace bien plus lourde qu’un jeu arrêté après trois mois.










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