Faire tourner DOOM sur Neo·Geo paraît presque logique. La machine de SNK partage son processeur 68000 avec la Mega Drive et l’Amiga, deux supports qui ont déjà eu droit à des versions officieuses du classique d’id Software. Mais la comparaison s’arrête vite: la Neo·Geo a été pensée pour l’arcade 2D et l’affichage massif de sprites, pas pour un FPS en 3D façon 1993.
La vidéo de Modern Vintage Gamer part justement de ce paradoxe. Sur Neo·Geo, les données de sprites sont envoyées directement vers le processeur graphique, sans passer par le CPU, ce qui complique les astuces utilisées ailleurs sur des machines plus souples ou extensibles. Des jeux comme The Super Spy avaient bien simulé des environnements en 3D dès 1990 grâce à des déformations de sprites, mais un moteur proche de DOOM impose d’autres contraintes.
Le premier essai montré par Modern Vintage Gamer tenait davantage du raycasting à la Wolfenstein 3D: rudimentaire, lent, mais suffisant pour lancer le défi. Une fois le code source partagé, plusieurs développeurs ont commencé à l’améliorer. L’un d’eux a rendu le moteur plus fluide et ajouté des armes et des monstres, avant que le Brésilien Felipe Guilherme Sabino ne publie en une semaine une version nettement plus avancée sur GitHub.
Le résultat reste très loin d’un portage complet: taille des monstres incohérente, déformations visibles et limites classiques du raycasting, comme l’absence d’altitude ou de murs en diagonale. Il affiche tout de même des textures au sol et au plafond, ce qui suffit à changer la perspective. À défaut de promettre DOOM en bonne et due forme sur Neo·Geo, l’expérience rend l’idée d’un FPS crédible sur la machine beaucoup moins absurde.
Source: Mag






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