Forza Horizon 2 a débarqué en 2014 au pire moment possible pour Xbox, et c’est précisément pour ça qu’il a compté. La Xbox One traînait encore le boulet de sa présentation centrée sur la télévision, de Kinect imposé et d’un prix gonflé face à la PS4. Dans ce décor un peu gris, Playground Games a livré un jeu de course lumineux, fluide et généreux, presque insolent.

Résumé audio de l’article

0:00 / 38 s
Desktop uniquement
Lire le résumé
Forza Horizon 2 est arrivé en 2014 dans un moment délicat pour la Xbox One, encore plombée par son lancement maladroit face à la PS4. Playground Games a alors offert à Microsoft un jeu de course ouvert, lumineux et immédiatement séduisant. En quittant le Colorado pour une carte inspirée du sud de la France et du nord de l’Italie, la série gagnait en liberté, avec des routes moins cloisonnées, des champs traversables et une météo dynamique qui changeait vraiment les sensations. Ce deuxième épisode a surtout déplacé le poids de Forza vers Horizon, plus accessible et plus vivant que Motorsport. Son succès a préparé l’ascension de Playground, racheté ensuite par Microsoft et devenu un studio majeur de Xbox.

Le studio de Leamington Spa n’était pas sorti de nulle part. Fondé par Gavin Raeburn, Trevor Williams et Ralph Fulton, Playground avait réuni des anciens de Bizarre Creations, Criterion, Black Rock et Codemasters, soit une belle partie de l’école britannique du jeu de course arcade: Project Gotham Racing, Blur, Burnout, Split/Second, DiRT, GRID. Après un premier Forza Horizon prometteur sur Xbox 360, le deuxième épisode devait prouver que la formule pouvait exister pleinement sur Xbox One.

La Provence et la Toscane contre les couloirs

Forza Horizon 2 changeait surtout d’échelle. Le Colorado du premier épisode laissait place à une carte inspirée du sud de la France et du nord de l’Italie, avec des routes plus ouvertes, des champs, des vignes et des chemins de traverse. Le jeu coupait une partie des barrières qui donnaient parfois l’impression de conduire dans un décor fermé. Traverser un vignoble à pleine vitesse au volant d’une Lamborghini Huracán n’était pas juste un gag de bac à sable: c’était la nouvelle identité d’Horizon.

Forza Horizon 2 screenshot
Crédit: Sumo Digital, Playground Games / Microsoft Studios

La météo dynamique a beaucoup joué dans cette sensation. La pluie transformait l’adhérence, les orages donnaient du relief aux courses, et le tout tenait sur Xbox One avec une fluidité verrouillée à 30 images par seconde, sans temps de chargement venant casser le rythme du road-trip. En face, Driveclub allait connaître un lancement très compliqué sur PS4, notamment à cause de ses serveurs. Le contraste a forcément aidé Forza Horizon 2 à marquer les esprits.

Le spin-off qui a pris le volant

Le plus intéressant, avec le recul, c’est la bascule interne chez Microsoft. Forza Motorsport restait la vitrine sérieuse, celle de Turn 10, du moteur physique et du salon automobile propre sur lui. Mais Forza Horizon 2 a montré que le plaisir immédiat, la musique, la carte ouverte et le pilotage accessible pouvaient porter la marque plus loin qu’un épisode Motorsport bien aligné sur sa grille.

Forza Horizon 2 screenshot
Crédit: Sumo Digital, Playground Games / Microsoft Studios

La suite a confirmé ce changement de statut. Microsoft a racheté Playground Games en 2018, les épisodes suivants ont installé Forza Horizon comme l’une des séries les plus fortes de Xbox, et le studio s’est même vu confier le retour de Fable. Pour un studio encore traité comme un partenaire spécialisé quelques années plus tôt, le chemin est assez parlant.

Forza Horizon 2 n’a pas seulement été un très bon jeu de course en 2014. Il a donné à la Xbox One un argument clair au moment où la console en manquait cruellement, et il a déplacé le centre de gravité de Forza vers une conduite plus libre, plus joueuse, plus populaire aussi. Dix ans plus tard, c’est encore ce virage-là que la série continue de négocier.

Source: Gamekult

Le trailer officiel du jeu