Forza Horizon 2 a débarqué en 2014 au pire moment possible pour Xbox, et c’est précisément pour ça qu’il a compté. La Xbox One traînait encore le boulet de sa présentation centrée sur la télévision, de Kinect imposé et d’un prix gonflé face à la PS4. Dans ce décor un peu gris, Playground Games a livré un jeu de course lumineux, fluide et généreux, presque insolent.
Le studio de Leamington Spa n’était pas sorti de nulle part. Fondé par Gavin Raeburn, Trevor Williams et Ralph Fulton, Playground avait réuni des anciens de Bizarre Creations, Criterion, Black Rock et Codemasters, soit une belle partie de l’école britannique du jeu de course arcade: Project Gotham Racing, Blur, Burnout, Split/Second, DiRT, GRID. Après un premier Forza Horizon prometteur sur Xbox 360, le deuxième épisode devait prouver que la formule pouvait exister pleinement sur Xbox One.
La Provence et la Toscane contre les couloirs
Forza Horizon 2 changeait surtout d’échelle. Le Colorado du premier épisode laissait place à une carte inspirée du sud de la France et du nord de l’Italie, avec des routes plus ouvertes, des champs, des vignes et des chemins de traverse. Le jeu coupait une partie des barrières qui donnaient parfois l’impression de conduire dans un décor fermé. Traverser un vignoble à pleine vitesse au volant d’une Lamborghini Huracán n’était pas juste un gag de bac à sable: c’était la nouvelle identité d’Horizon.
La météo dynamique a beaucoup joué dans cette sensation. La pluie transformait l’adhérence, les orages donnaient du relief aux courses, et le tout tenait sur Xbox One avec une fluidité verrouillée à 30 images par seconde, sans temps de chargement venant casser le rythme du road-trip. En face, Driveclub allait connaître un lancement très compliqué sur PS4, notamment à cause de ses serveurs. Le contraste a forcément aidé Forza Horizon 2 à marquer les esprits.
Le spin-off qui a pris le volant
Le plus intéressant, avec le recul, c’est la bascule interne chez Microsoft. Forza Motorsport restait la vitrine sérieuse, celle de Turn 10, du moteur physique et du salon automobile propre sur lui. Mais Forza Horizon 2 a montré que le plaisir immédiat, la musique, la carte ouverte et le pilotage accessible pouvaient porter la marque plus loin qu’un épisode Motorsport bien aligné sur sa grille.
La suite a confirmé ce changement de statut. Microsoft a racheté Playground Games en 2018, les épisodes suivants ont installé Forza Horizon comme l’une des séries les plus fortes de Xbox, et le studio s’est même vu confier le retour de Fable. Pour un studio encore traité comme un partenaire spécialisé quelques années plus tôt, le chemin est assez parlant.
Forza Horizon 2 n’a pas seulement été un très bon jeu de course en 2014. Il a donné à la Xbox One un argument clair au moment où la console en manquait cruellement, et il a déplacé le centre de gravité de Forza vers une conduite plus libre, plus joueuse, plus populaire aussi. Dix ans plus tard, c’est encore ce virage-là que la série continue de négocier.
Source: Gamekult






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