Onimusha 2: Samurai’s Destiny a 24 ans, mais le jeu de Capcom garde une force assez rare: celle d’un épisode PS2 qui a élargi sa formule sans perdre la sécheresse de ses combats. Le remaster récent aide forcément à le redécouvrir dans de meilleures conditions, même si ses contrôles et certaines habitudes d’écriture sentent encore très fort le début des années 2000.

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Onimusha 2: Samurai’s Destiny garde, vingt-quatre ans plus tard, une identité très forte dans la saga de Capcom. Derrière son récit de vengeance au Japon médiéval, avec Jubei Yagyu lancé contre Nobunaga Oda, l’épisode brille surtout par ses combats secs et exigeants. L’issen, ce contre déclenché juste avant l’impact, reste au cœur du plaisir, renforcé par des armes plus variées et une prise en main plus souple que dans le premier jeu. Le remaster améliore le confort avec l’affichage moderne, les sauvegardes automatiques et le changement d’arme instantané, sans gommer les lourdeurs d’écriture ni certains boss inégaux. Sa force tient toujours à ce mélange d’élan arcade, de précision et de brutalité.

L’histoire repart dans un Japon médiéval ravagé par Nobunaga Oda. Jubei Yagyu, héritier d’un clan massacré et fils secret d’une démone, part récupérer cinq orbes mystiques pour l’arrêter. Le prétexte reste très jeu d’action Capcom de l’époque: direct, parfois bancal, souvent excessif. Le vrai cœur du jeu est ailleurs, dans le rythme des affrontements et dans l’issen, ce contre critique déclenché juste avant l’impact ennemi. Difficile à placer, brutal quand il sort.

Sorti seulement un an après le premier Onimusha, Samurai’s Destiny donne pourtant l’impression d’un chantier nettement plus ample. Capcom reprend une partie de l’ADN du château d’origine, mais ouvre davantage les décors, avec des lieux plus variés et des passages dans des installations démoniaques aux allures quasi steampunk. Jubei répond aussi mieux en main: les attaques chargées, les enchaînements d’issen et les quatre armes principales, katana, lance, marteau et double lance, ajoutent plus de relief aux combats.

Onimusha 2 Samurai's Destiny
Jubei reste au centre d’un système de combat plus souple que celui du premier épisode. Crédit : Capcom

Un épisode plus riche, mais pas toujours plus fin

L’autre ajout marquant vient du système d’amitié avec quatre compagnons. Les cadeaux offerts à ces personnages changent certaines scènes, donnent accès à des objets et peuvent ouvrir des phases jouables avec eux. Obtenir le rang S final demande même d’incarner les quatre sidekicks dans la bonne séquence, une condition assez obscure sans guide.

Cette ambition se heurte à une écriture qui a mal vieilli. Les dialogues cherchent parfois l’émotion, mais l’humour autour d’Ekei, le traitement d’Oyu ou la caricature de Jujudormah pèsent lourd aujourd’hui. Le jeu parle bien mieux quand il laisse Jubei avancer, absorber les âmes et découper du genma que lorsqu’il tente de développer son casting.

Le remaster corrige surtout le confort

Le remaster piloté par Motohide Eshiro, déjà réalisateur de l’original, reste fidèle au jeu PS2 tout en ajoutant plusieurs options bienvenues: sauvegardes automatiques, changement d’armes sans passer par le menu Pause, galerie, juke-box, mini-jeux accessibles dès le début et affichage adapté aux écrans 16:9. Le mode Enfer pousse aussi le défi plus loin avec une règle simple: finir l’aventure sans encaisser le moindre coup.

Onimusha 2: Samurai’s Destiny n’efface pas ses maladresses, notamment des boss inégaux et une structure qui abandonne sa ville principale en cours de route. Mais son système de combat, plus fluide et plus varié que dans le premier épisode, reste assez solide pour expliquer pourquoi cet opus garde une place à part dans la série.

Source: Gamekult