Le bras de fer entre Rockstar et d’anciens développeurs de GTA 6 se joue maintenant devant le tribunal de Glasgow. Au cœur de l’audience, Charlie Kinloch, responsable RH et co-directeur des opérations de Rockstar Lincoln, affirme avoir eu « peu d’intérêt » pour l’appartenance syndicale des salariés licenciés.

L’affaire oppose Rockstar Games à 31 anciens employés, représentés par l’Independent Workers’ Union of Great Britain. Ils estiment avoir été ciblés puis licenciés illégalement dans le cadre d’une réaction antisyndicale. Rockstar défend une autre version: les départs seraient liés à une faute grave et à la fuite d’informations confidentielles.

Les débats se sont concentrés sur des messages transmis à Kinloch par un employé anonyme, désigné sous les initiales AB. Ces éléments, ensuite utilisés comme preuves de faute grave, comprenaient des discussions Discord autour de l’organisation syndicale, de la distribution de tracts et de critiques sur les conditions de travail.

Rockstar invoque la pression autour de GTA 6

Charlie Kinloch conteste l’idée que ces messages aient servi à identifier des membres de l’IWGB. Il explique avoir eu un intérêt général pour la syndicalisation uniquement si elle pouvait affecter le travail des managers, mais dit s’être surtout concentré sur ce qu’il décrit comme du « dénigrement » et de la désinformation visant Rockstar.

Interrogé sur le délai entre les premiers signalements, début 2024, et les licenciements intervenus bien plus tard, Kinloch a lié sa réaction au contexte de GTA 6. Il a déclaré avoir examiné ces messages avec la pression « sans précédent » entourant le jeu, alors que l’intérêt du public et des médias était à son maximum. Selon lui, une diffusion publique de ces commentaires aurait pu nuire à l’entreprise.

Un compte syndical et des contacts presse cités à l’audience

Deux éléments ont aussi été présentés comme des signaux d’alerte par le responsable RH: le projet de lancer un compte Twitter syndical lié à Rockstar Games, perçu comme un risque de sécurité, et l’intention de parler à deux journalistes reconnus, Jason Schreier de Bloomberg et Keza MacDonald du Guardian.

Rockstar soutient que les 34 licenciements reposaient sur une « rupture irrémédiable de confiance ». Le contre-interrogatoire des témoins de Rockstar doit se poursuivre la semaine prochaine, avec la présence attendue d’anciens employés concernés par ces licenciements.

Source: Eurogamer