Vingt-neuf ans après ZSNES (1997), deux de ses développeurs historiques, Demo et zsKnight, reviennent aux affaires avec SUPER ZSNES, un émulateur SNES entièrement réécrit et pensé pour le matériel d’aujourd’hui. Leur promesse est claire : une émulation plus précise du CPU et de l’audio que leur vénérable aïeul, et un moteur graphique dopé au GPU pour pousser la 16-bit de Nintendo au-delà de ce qu’on lui connaissait à l’époque.

Retour des vétérans, refonte totale

On ne parle pas d’un dépoussiérage mais d’un nouveau socle. SUPER ZSNES s’appuie sur un cœur “PPU physique” accéléré par GPU, base indispensable pour manier proprement les subtilités de l’affichage SNES. Résultat, le Mode 7 peut être rendu en haute définition, et l’équipe ouvre la porte à des améliorations spécifiques à certains jeux, le tout sans bricolage approximatif. L’objectif affiché est l’exactitude côté calcul et audio, là où ZSNES, pionnier de la fin des années 90, faisait parfois des compromis.

GPU, Mode 7 haute définition… et un vrai moteur d’améliorations

La nouveauté la plus intrigante, c’est la Super Enhancement Engine. Plutôt qu’un simple upscaling, Demo et zsKnight redessinent en interne pour générer un gameplay en haute résolution, avec des contours nets et des arrière-plans enrichis. On n’est pas sur du filtrage passe-partout : il s’agit d’ajouts manuels pour des titres populaires, ce qui rappelle l’amour du détail qu’on voyait sur nos CRT mais avec une finesse impossible à l’époque. Le moteur permet aussi, pour certains jeux, du format large, de l’overclocking et même des données de relief en 3D pour donner un peu d’épaisseur à l’image.

Interface et rendu haute définition de SUPER ZSNES
Crédit : SUPER ZSNES

Côté confort, SUPER ZSNES coche les cases attendues en 2026. On retrouve l’avance rapide et le retour arrière pour rejouer un passage compliqué, l’auto-save pour ne plus perdre une session, des signets pour marquer un niveau clé, le chargement rapide, et évidemment les sauvegardes d’état qui avaient fait la réputation de ZSNES à l’époque. Dit autrement, on garde la souplesse moderne sans trahir la sensation d’origine.

Feuille de route et plateformes

Les auteurs restent old-school jusqu’au bout : pas de “vibe coding” à base d’IA, tout est fait à la main. La feuille de route mentionne l’émulation des puces spéciales de la SNES et l’arrivée du jeu en ligne (Netplay), deux chantiers majeurs pour boucler l’écosystème. Le duo prévient qu’il reste quelques bugs, mais le logiciel est déjà disponible au téléchargement sur Windows, Mac et Android. Une version iOS doit suivre “bientôt”, selon l’équipe, via le site officiel de SUPER ZSNES.

Voir Demo et zsKnight reprendre le flambeau presque trois décennies plus tard, avec une approche GPU et un moteur d’améliorations assumé, c’est un petit événement pour l’émulation SNES. Reste à mesurer, manette en main, jusqu’où ira la précision annoncée et comment les ajouts “haute définition” s’intègrent sans dénaturer les classiques. Mais pour un retour, c’est tout sauf un coup de nostalgie vide.