Last Flag ne recevra pas de suivi au long cours. Night Street Games a annoncé que le développement de nouveau contenu s’arrêterait après les prochaines mises à jour, à peine deux semaines après la sortie du jeu sur Steam le 14 avril. Le constat est brutal : le hero shooter n’a pas trouvé un public suffisant pour soutenir son exploitation dans la durée.

Le message vient de Mac Reynolds, cofondateur du studio avec son frère Dan Reynolds, le chanteur d’Imagine Dragons. Sur le Discord du jeu, il reconnaît que les classements Steam parlaient déjà d’eux-mêmes et que Last Flag n’avait pas réussi à réunir la base de joueurs nécessaire pour offrir “l’expérience” espérée. Il ajoute que, vu la situation financière du studio, il paraît peu probable de financer davantage de développement au-delà de ce qui avait déjà été promis.

Cette fin rapide place Last Flag dans une catégorie de plus en plus encombrée : celle des jeux multijoueurs lancés avec une vraie ambition, mais incapables de tenir leurs premières semaines. Le projet avait pourtant quelques arguments. Développé par Night Street Games, il se présentait comme un hero shooter dans la lignée de Team Fortress 2, avec une identité plus légère et une volonté assumée de proposer un jeu payant plutôt qu’un free-to-play saturé de monétisation.

Screenshot de Last Flag

Last Flag screenshot

Le jeu reste en ligne, mais sans avenir réel

Night Street Games ne coupe pas immédiatement les serveurs. Last Flag restera disponible sur Steam, et plusieurs ajouts déjà prévus doivent encore arriver. Le studio évoque un dixième personnage, une nouvelle carte, un nouveau mode de jeu, de nouveaux cosmétiques ainsi que des salons personnalisés avec des règles modifiables. L’idée est de laisser aux derniers joueurs un peu plus d’outils pour prolonger l’expérience, même si l’essentiel est déjà acté : il n’y aura pas de vraie relance.

Ce point n’est pas anodin. Beaucoup de jeux de ce type meurent une première fois quand le public se retire, puis une seconde quand le suivi s’arrête. Ici, Night Street tente au moins de livrer ce qui était engagé avant de passer à autre chose. Cela n’efface pas l’échec commercial, mais cela évite une coupure nette quelques jours après le lancement.

Autre screenshot de Last Flag

Un revers de plus pour les shooters multi payants

L’affaire rappelle à quel point le marché des shooters compétitifs est devenu dur pour les nouveaux venus. Même avec une proposition lisible, une équipe identifiable et un positionnement tarifaire relativement doux, il ne suffit plus d’être correct pour exister. Il faut soit créer un événement, soit accrocher très vite une base active capable d’alimenter le matchmaking et le bouche-à-oreille. Last Flag n’a manifestement réussi ni l’un ni l’autre.

Night Street Games assure déjà vouloir revenir plus tard avec un autre projet. Pour Last Flag, en revanche, la trajectoire est claire : quelques mises à jour encore, puis plus rien. Pour un jeu lancé le 14 avril, la sentence tombe presque immédiatement.