MindsEye traverse une nouvelle séquence embarrassante. Des membres de Build A Rocket Boy ont récemment montré une session de “vibe-coding”, c’est-à-dire du développement assisté par IA via des instructions en langage naturel, pour tester des fonctions d’automatisation liées au jeu. Le prototype présenté repose sur un assistant vocal capable de comprendre l’état de la partie et de modifier le monde à la volée, par exemple en faisant apparaître des armes ou des éléments de décor sur simple commande orale.
Le problème, c’est moins l’existence d’un test technique que le moment choisi. MindsEye sort d’un lancement très mal reçu, et son image s’est déjà sérieusement dégradée ces dernières semaines. Dans ce contexte, voir le studio remettre en avant des outils de génération et d’automatisation donne surtout l’impression d’un projet qui cherche encore sa direction, au lieu de rassurer sur la tenue de son jeu de base.
La démonstration aurait eu lieu dans un pub du Cambridgeshire, avec plusieurs figures du studio, autour d’un système destiné à accélérer la création de fonctions ou de contenus. L’idée affichée est de permettre une interaction plus directe avec le jeu, en langage naturel, sans passer par des menus ou des outils traditionnels. Sur le fond, l’outil peut intriguer. Dans l’état actuel du projet, il renforce surtout l’image d’un jeu encore happé par ses promesses techniques alors que la priorité devrait être beaucoup plus simple : stabiliser son identité et son exécution.

Une démo technique qui tombe au plus mauvais moment
Leslie Benzies, longtemps associé à l’âge d’or de GTA, porte forcément une partie des attentes autour du projet. C’est aussi ce qui rend la situation plus visible. Quand un studio mené par un nom aussi connu commence à communiquer sur un assistant vocal capable de remodeler l’expérience en direct, la réaction ne porte pas seulement sur l’outil lui-même. Elle porte aussi sur ce qu’il dit du développement en cours.
Le débat dépasse même MindsEye. Dans l’industrie, l’IA générative est souvent présentée comme un moyen d’accélérer la production ou d’ouvrir de nouvelles formes d’interaction. Mais lorsqu’elle se retrouve au premier plan dans un jeu déjà contesté, elle peut aussi être perçue comme un cache-misère ou comme un déplacement des priorités. Ici, cette démonstration laisse surtout l’image d’un studio qui continue de vendre de la promesse technologique alors que la question la plus urgente reste la solidité du jeu lui-même.
Un projet qui doit d’abord retrouver une forme de cohérence
MindsEye n’a pas besoin d’une nouvelle vitrine expérimentale pour l’instant. Il a besoin d’un cap lisible. L’assistant vocal montré par Build A Rocket Boy peut peut-être déboucher sur un outil utile en interne, ou sur une fonction concrète plus tard. À ce stade, il ajoute surtout une polémique de plus à un projet déjà fragilisé, et renforce l’idée d’un jeu qui peine encore à convaincre sur l’essentiel.











Commentaires 0
Il n'y a pas encore de commentaire ! Et si vous écriviez le premier ?