Take-Two reconnaît s’être trompé avec Civilization VII. Strauss Zelnick, le patron de l’éditeur, a admis que le jeu n’avait pas trouvé son public comme prévu et a pris la responsabilité de l’un de ses choix les plus contestés : l’obligation de changer de civilisation à chaque transition d’âge. Firaxis va maintenant revenir en arrière avec une grosse mise à jour attendue le 19 mai.

Le problème est bien identifié depuis des mois. Civilization VII a été plutôt bien reçu par une partie de la critique à sa sortie en février 2025, mais le ressenti des utilisateurs est nettement plus froid. Sur Steam, le jeu n’affiche que 47 % d’évaluations positives dans les sources fournies, avec une note “mixed”. Surtout, sa fréquentation reste derrière Civilization V et Civilization VI sur la plateforme, et pas d’une courte tête. Pour une série 4X installée depuis des décennies, le signal est difficile à ignorer.

Zelnick résume la situation de façon assez directe. À chaque nouvel épisode, Firaxis cherche à pousser la formule assez loin pour justifier un nouvel achat, sans casser ce que les habitués aiment depuis des années. Sur Civilization VII, l’équilibre n’a pas été trouvé. Il explique que ce n’était pas faute d’avoir essayé, mais que l’équipe est allée trop loin du point de vue du public.

Le changement de civilisation était la vraie ligne de fracture

Le point le plus sensible concernait ce système imposant de changer de civilisation en cours de partie à chaque nouvel âge. Sur le papier, l’idée pouvait passer pour une manière de dynamiser les campagnes et de mieux représenter les bascules historiques. Dans les faits, beaucoup y ont vu une rupture avec l’identité même de Civilization, bâtie sur l’attachement à une nation, un dirigeant et une trajectoire suivie sur toute la partie.

Firaxis va donc supprimer cette contrainte. La mise à jour Test of Time, prévue pour le 19 mai, permettra de conserver une seule civilisation du début à la fin d’une partie, comme dans les anciens épisodes. Le patch ajoutera aussi de nouveaux Triumphs et retravaillera les systèmes de victoire. Le studio présente l’ensemble comme une réponse directe aux retours reçus depuis le lancement.

Un jeu rentable, mais loin du statut attendu

Take-Two précise que Civilization VII reste rentable. Le sujet n’est donc pas celui d’un échec commercial absolu. En revanche, l’éditeur admet lui-même que le démarrage a été lent et que l’engagement reste en retrait face aux précédents volets. Pour une licence de ce calibre, ce n’est pas anodin : Civilization ne vit pas seulement sur ses ventes de départ, mais sur des années de parties longues, d’extensions et de bouche-à-oreille.

Firaxis promet même une amélioration de niveau “expansion” avec cette mise à jour. La formule est ambitieuse, mais elle montre au moins une chose : le studio a compris que de simples retouches ne suffiraient pas. Le 19 mai dira si Civilization VII peut se remettre dans le bon sens ou s’il restera comme l’épisode qui a voulu trop réinventer sa propre série.