Panline commence à faire parler de lui pour une raison très simple : le jeu ressemble énormément à Mirror’s Edge. Même vue à la première personne, même esthétique blanche et épurée, mêmes codes visuels très marqués, animations proches, parkour urbain mis en avant comme argument central. À ce stade, le projet du studio tchèque Viridian Matters ne donne pas l’impression de s’inspirer de la série de DICE. Il donne surtout l’impression de vouloir la reproduire aussi fidèlement que possible.

Le parallèle n’a rien de forcé. Mirror’s Edge a laissé une empreinte disproportionnée par rapport à ses ventes, avec son goût du mouvement, son rapport au speedrun et cette vision très stylisée d’un futur lisse et oppressant. Son reboot Mirror’s Edge Catalyst, sorti sept ans plus tard, n’a pas réussi à relancer durablement la licence. Depuis, la série semble enterrée, et ce vide a fini par devenir un appel d’air pour la scène indépendante.

Panline s’engouffre dedans sans la moindre discrétion. Pour l’instant, le jeu n’a montré que quelques extraits de gameplay et plusieurs captures, mais cela suffit à installer le débat : hommage frontal ou copie trop appuyée ? Le projet semble reprendre la formule quasiment telle quelle, avec tout de même quelques petites pistes personnelles aperçues au passage, comme un système d’inventaire et une gourde liée à l’endurance.

Capture de Panline
Panline affiche une parenté visuelle et mécanique très nette avec Mirror’s Edge.

Une copie assumée qui trouve déjà son public

Ce qui rend le cas intéressant, c’est que cette ressemblance extrême ne provoque pas uniquement du rejet. Au contraire, les premiers retours visibles sont largement enthousiastes. Beaucoup semblent surtout heureux de revoir cette formule revenir sous une forme ou une autre, même si elle flirte franchement avec la copie. La logique est assez simple : puisque Electronic Arts a laissé la marque dormir, d’autres finissent par occuper le terrain.

Le soutien d’une partie du public repose moins sur l’originalité de Panline que sur la frustration laissée par l’abandon de Mirror’s Edge. C’est un ressort puissant, mais aussi un peu fragile. Un projet peut attirer très vite avec une promesse familière. Il doit encore prouver ensuite qu’il tient debout une fois passé l’effet de reconnaissance immédiate.

Un projet encore jeune, avec un accès anticipé prévu en 2026

Le chantier reste de toute façon très précoce. La page Steam indique que le développement n’a commencé qu’à la fin de l’année 2025. Viridian Matters prévoit un accès anticipé en 2026 pour ajuster le jeu avec les retours du public. Cela laisse encore beaucoup de place à l’évolution, y compris pour tenter d’affirmer une identité un peu plus propre.

Pour l’instant, Panline intrigue précisément parce qu’il marche sur une ligne très fine. Le jeu attire l’œil immédiatement, mais il devra montrer qu’il peut devenir autre chose qu’un Mirror’s Edge de substitution s’il veut exister autrement que comme simple rappel d’une licence abandonnée.