Sony serait en train de remettre ses plus grosses exclusivités solo au centre de sa stratégie console. Bloomberg affirme, sous la plume de Jason Schreier, qu’Hermen Hulst a expliqué lundi à ses équipes que les jeux narratifs solo de PlayStation Studios allaient redevenir des exclusivités PlayStation. Si cette ligne est bien tenue, des titres comme Ghost of Yotei, Saros, Marvel’s Wolverine ou Intergalactic: The Heretic Prophet ne sortiront plus sur PC quelques mois ou quelques années après leur lancement sur PS5.
Le changement est net, parce qu’il rompt avec la politique lancée en 2020, quand Sony a commencé à porter progressivement ses gros jeux sur Steam et l’Epic Games Store. Horizon Zero Dawn, God of War, Marvel’s Spider-Man ou The Last of Us avaient fini par installer l’idée qu’une sortie PC tardive était devenue la norme. Cette fenêtre devrait désormais se refermer pour les productions solo maison les plus importantes.
Sony ne couperait pas totalement le lien avec le PC. La distinction évoquée en interne porte surtout sur la nature des jeux : les titres multijoueur continueraient d’arriver sur plusieurs plateformes, parce qu’ils ont besoin d’une base de joueurs large. Helldivers 2 a largement profité de sa sortie sur PC, et Marvel Tokon: Fighting Souls doit lui aussi sortir simultanément sur PS5 et PC en août.
Un retour assumé à l’exclusivité console
Pour PlayStation, l’intérêt est assez simple : garder ses grosses cartouches solo pour sa machine. Les jeux internes restent l’un des arguments les plus solides de la marque, surtout à l’approche d’une future génération de consoles dans un contexte de coûts de production et de composants toujours tendu. Vendre un jeu sur PC rapporte aussi moins directement à Sony, puisqu’une partie des revenus passe par la commission des boutiques tierces comme Steam ou l’Epic Games Store.
Les chiffres donnés sur le dernier exercice aident à comprendre ce choix. Entre avril 2025 et mars 2026, les ventes de jeux PlayStation sur les autres plateformes auraient généré 546,2 millions d’euros. C’est une somme importante, mais elle pèse peu face aux 25,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires total du groupe sur la période. À l’échelle de PlayStation, le cœur du business reste la console, son store, ses accessoires et les abonnements PlayStation Plus.
Le PC n’a pas donné les résultats espérés
Autre point important : plusieurs portages récents n’ont pas vraiment confirmé l’élan des premières sorties. L’article de Bloomberg ajoute que des suites comme Horizon Forbidden West, God of War Ragnarök, Marvel’s Spider-Man 2 ou The Last of Us Part II auraient moins bien marché sur PC que leurs prédécesseurs. Même des jeux appréciés sur PS5 comme Returnal ou Ratchet & Clank: Rift Apart n’y ont pas particulièrement brillé.

L’épisode Helldivers 2 a aussi laissé des traces. Quand Sony a voulu imposer un compte PlayStation Network aux joueurs PC, la réaction a été immédiate, avec une campagne massive de critiques négatives. Le message a visiblement été reçu : séduire le public PC peut rapporter, mais l’exercice a ses limites, surtout quand il s’agit de le faire entrer dans l’écosystème PlayStation.
Des exceptions existent déjà
Cette ligne ne concerne pas tous les jeux publiés par PlayStation. Les productions multijoueur restent à part, et certains projets développés par des studios externes échappent aussi à ce recentrage. Death Stranding 2: On the Beach, signé Kojima Productions, et Kena: Scars of Kosmora, développé par Ember Lab, disposent ou disposeront d’une version PC.

Il reste une nuance importante : Sony n’a rien annoncé publiquement pour l’instant, et Bloomberg précise que ces plans peuvent encore évoluer. Mais si cette décision se confirme dans la durée, le message est limpide sur le terrain du jeu vidéo : chez PlayStation, les grosses aventures solo redeviennent un argument de console avant d’être une vitrine PC.
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