Valve a remis les pendules à l’heure : oui, un Steam Deck 2 est bien en développement. « On y travaille activement », a confirmé Pierre-Loup Griffais à IGN. Mais ne comptez pas dessus à court terme. La firme ne veut pas d’un simple rafraîchissement et attend une rupture technologique côté puce avant d’appuyer sur le bouton.
Pas pour demain, et pas pour “30 % de plus”
La ligne est claire depuis l’an dernier et elle n’a pas bougé d’un iota. « On n’a aucun intérêt à arriver à 20, 30 ou même 50 % de performances supplémentaires à autonomie équivalente », rappelle Griffais. Autrement dit, pas question de sortir un Deck 2 qui grapille quelques dizaines de pourcents si la batterie ne suit pas. Valve vise un gain franchement démarqué en performances par watt, et aujourd’hui, « il n’y a pas d’offre [SoC] sur le marché » qui coche ces cases. On parle d’un APU capable de tenir un vrai cap en jeu sans sacrifier l’endurance, ce qui implique un saut d’architecture plus qu’une montée en fréquence.
Ce discours, on le connaît, mais il est utile de le répéter tant la tentation d’un “refresh” à la marge est forte sur le segment. À l’inverse des itérations annuelles de smartphones, Valve veut déclencher une progression nette côté silicon. Tant que l’écosystème des puces mobiles ne propose pas cette marche, le Steam Deck 2 restera au chaud.
Sorti en février 2022 puis décliné en OLED en novembre 2023, le Deck a désormais plus de quatre ans au compteur. Il tient encore un large catalogue, mais les sorties récentes le bousculent davantage et l’autonomie accuse le coup dès qu’on pousse les curseurs. Dans le paysage, l’arrivée de la “Switch 2” remet aussi de la pression sur le rapport puissance/prix en mobilité. Bref, sur le plan produit, on comprend pourquoi Valve veut frapper fort plutôt que tiède.

Le Deck actuel à flux tendu, la faute à la mémoire
Au passage, Griffais reconnaît que l’approvisionnement du Steam Deck premier du nom reste compliqué, en particulier aux États-Unis où les ruptures se multiplient depuis des mois. Valve avait d’ailleurs prévenu en février que ça pourrait devenir récurrent à cause de pénuries de RAM et de stockage, aggravées par des expéditions plus difficiles. Pas de détail chiffré sur les volumes, mais la tendance est globale, et pas propre à un seul composant.
Pour limiter la casse, Valve joue la carte du multisourcing. « On essaie de garder des options ouvertes et de travailler avec autant de fabricants que possible », explique Griffais, histoire d’éviter de dépendre d’une source unique et de subir l’effet domino sur les prix et la continuité de production. La stratégie avait déjà aidé pendant la pénurie de microcontrôleurs à l’époque du COVID. Même si « les conditions autour de la mémoire sont très globales », l’objectif est de naviguer la vague de la même manière.
Une lignée de hardware, des enseignements pour la suite
Sur le positionnement, Valve voit le futur Deck comme la continuité logique de ses précédents appareils. « On peut tracer une ligne droite du Steam Controller originel et des Steam Machines au Steam Deck, jusqu’à tout ce qu’on annonce et expédie cette année », résume Griffais. Et d’ajouter que « beaucoup de ce qu’on fait ici seront des enseignements » qui nourriront le Steam Deck 2. Traduction pragmatique : la R&D engagée aujourd’hui sur d’autres produits doit profiter au prochain APU portable de Valve, que ce soit en design thermique, en ergonomie ou en chaîne d’approvisionnement.
En clair, la confirmation est là, mais la fenêtre ne l’est pas. Valve attend un vrai bond de performances à autonomie constante avant de dégainer, et le contexte matériel — pénurie mémoire comprise — n’aide pas. Il va probablement falloir patienter encore « quelques années » avant de voir le Steam Deck 2, mais quand il arrivera, on s’attend à un cap net plutôt qu’à un simple ravalement.
Commentaires 0
Il n'y a pas encore de commentaire ! Et si vous écriviez le premier ?