Bandai Namco vient de boucler son meilleur exercice, mais le signal n’est pas aussi simple qu’un triomphe du jeu vidéo. Sur l’année fiscale allant d’avril 2025 à mars 2026, le groupe japonais a signé 1 348,2 milliards de yens de chiffre d’affaires, soit environ 7,3 milliards d’euros, pour 189,5 milliards de yens de bénéfice opérationnel, autour d’un milliard d’euros. Des records, oui, mais portés avant tout par Gundam et par les activités hors jeu vidéo.

Le point important, c’est là : chez Bandai Namco, le jeu n’est qu’une partie d’un ensemble bien plus large. Le segment Digital, qui regroupe les jeux et d’autres activités numériques, a généré 476,6 milliards de yens, environ 2,5 milliards d’euros. C’est nettement moins que le pôle Toys & Hobby, qui grimpe à 674 milliards de yens, soit un peu plus de 3,6 milliards d’euros. Le bénéfice opérationnel du Digital recule même de 17,3% sur un an, à 56,7 milliards de yens, malgré un chiffre d’affaires encore en hausse.

Pour le jeu vidéo pur sur consoles et PC, Bandai Namco affiche 228,5 milliards de yens de ventes, autour de 1,2 milliard d’euros. Le groupe a écoulé 45,8 millions de jeux sur l’exercice, dont 26,3 millions en Europe, 15,2 millions dans les Amériques et 4,2 millions au Japon. Vu de France, le détail n’est pas anodin : l’Europe reste de loin le premier marché du groupe pour ses ventes de jeux.

Elden Ring Nightreign

Gundam écrase la concurrence en interne

La grande vedette de l’année, ce n’est pas un blockbuster console, mais Gundam. D’après les chiffres du groupe, la licence a généré 254,3 milliards de yens, environ 1,4 milliard d’euros, devant One Piece à 138 milliards de yens et Dragon Ball à 139,3 milliards de yens selon les données groupées communiquées. Surtout, Gundam a bondi par rapport à l’exercice précédent, au point de devenir le vrai moteur de l’année.

Bandai Namco attribue cette poussée au succès de Mobile Suit Gundam GQuuuuuuX, au pavillon Gundam de l’Exposition universelle d’Osaka-Kansai, aux ventes de maquettes Gunpla, au jeu mobile SD Gundam G Generation Eternal et aux bornes d’arcade Mobile Suit Gundam Extreme VS. 2 OverBoost. C’est tout l’intérêt du dossier : le groupe gagne énormément d’argent quand ses licences frappent partout en même temps, pas seulement sur console.

Elden Ring Nightreign tient la ligne, mais les prévisions baissent

Côté jeux, Bandai Namco met en avant le bon démarrage mondial d’Elden Ring Nightreign, déjà passé au-dessus des 5 millions de ventes en deux mois, ainsi que les synergies autour de Tamagotchi et Digimon. L’exercice écoulé comprend aussi Code Vein II, Digimon Story: Time Stranger, Little Nightmares III et My Hero Academia: All’s Justice.

Le groupe reste pourtant prudent pour l’année qui commence. Bandai Namco vise 44 millions de jeux vendus, contre 45,8 millions cette année, et anticipe pour le segment Digital une baisse de 4% du chiffre d’affaires et de 10% du bénéfice opérationnel. Les prochains gros rendez-vous déjà cités sont Captain Tsubasa II: World Fighters le 28 août 2026, The Blood of Dawnwalker le 3 septembre 2026, Ace Combat 8: Wings of Theve en 2026 et Dragon Ball Xenoverse 3 en 2027.

Little Nightmares III

Le bilan est donc assez clair : Bandai Namco n’a jamais été aussi solide, mais ce record doit surtout à la force de Gundam et du jouet. Le jeu vidéo continue de peser lourd dans l’identité du groupe, simplement pas autant que son image d’éditeur pourrait le laisser croire.