Odd Meter a trouvé mieux qu’un simple lendemain pour Indika : le studio vient de lever 5 millions de dollars, soit environ 4,6 millions d’euros, pour financer son prochain jeu. Un signal solide pour une équipe qui n’avait rien du pari facile. Avec son récit de crise de foi, sa nonne rongée par les hallucinations et son ton franchement inconfortable, Indika n’avait pas le profil du carton calibré. Il a pourtant réussi à se faire une place, assez nettement pour convaincre des investisseurs de remettre au pot.

Le financement vient de GEM Capital, un fonds basé entre Dubaï et Paphos, à Chypre, déjà vu sur plusieurs projets venus d’Europe de l’Est comme Atomic Heart, Replaced ou Heroes of Might & Magic: Olden Era. Autotelic Ventures participe aussi à l’opération. Pour un studio comme Odd Meter, encore jeune et porté par une identité très marquée, ce n’est pas une formalité : lever une telle somme après un premier jeu aussi singulier dit beaucoup de la confiance accordée au prochain projet.

Ce mouvement s’appuie sur un point simple : Indika n’a pas seulement été bien reçu, il a aussi été rentable. En avril 2025, 11 bit studios, son éditeur, indiquait être satisfait des ventes au regard de son investissement. Dans l’indé narratif, où la visibilité se joue souvent à quelques semaines près, rentrer dans ses frais puis durer assez pour dégager du bénéfice reste un marqueur important.

Capture d'écran d'Indika

Un nouveau projet encore secret

Odd Meter ne montre encore rien de ce prochain jeu. Pas de titre, pas de fenêtre de sortie, pas de plateformes annoncées. Dmitry Svetlow, réalisateur d’Indika, explique simplement que le studio applique les leçons du premier jeu à un nouveau projet pensé pour pousser plus loin ses ambitions narratives et artistiques, avec un niveau de production en hausse. Une partie de la levée doit aussi servir à étoffer l’équipe.

La question de l’édition n’est pas tranchée non plus. Odd Meter dit avoir reçu plusieurs offres et hésiter encore entre un partenariat avec un éditeur et l’auto-édition. 11 bit studios pourrait donc revenir dans l’équation, mais rien n’est acté à ce stade. Pour un studio de cette taille, ce choix pèsera forcément sur la visibilité du jeu, son calendrier et sa marge de manœuvre créative.

Un bon signal pour l’indé d’auteur en Europe de l’Est

Au-delà du cas Odd Meter, cette levée raconte aussi quelque chose du marché. Dans une période où beaucoup de studios indépendants peinent à sécuriser un financement, voir 4,6 millions d’euros aller vers une équipe connue pour un jeu narratif étrange, pas franchement formaté et loin des standards les plus vendeurs, ce n’est pas anodin. Cela ne garantit rien pour la suite, mais cela montre qu’un jeu d’auteur peut encore ouvrir des portes quand il trouve son public et tient économiquement.

Le prochain titre d’Odd Meter reste donc une inconnue, mais Indika a au moins obtenu une chose très concrète : offrir au studio les moyens de viser plus haut sans devoir renier ce qui l’a rendu identifiable.

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