Le studio français Spiders, connu pour GreedFall, Steelrising, The Technomancer ou encore Mars: War Logs, a confirmé sa liquidation judiciaire. Dans un message publié par l’équipe, le développeur indique que « l’entreprise dans son ensemble n’existe plus » et que ses activités cessent immédiatement. C’est la première fermeture officiellement actée depuis l’ouverture de la procédure d’insolvabilité de Nacon et les difficultés financières de sa maison mère Bigben Interactive.
Le point important, pour les projets encore en cours, est que le DLC final de GreedFall: The Dying World sortira bien via Nacon. En revanche, Spiders ne répondra plus au support ni aux questions liées à ses jeux, et renvoie directement les utilisateurs vers l’éditeur. Le serveur Discord du studio doit aussi être laissé à la communauté d’après les informations relayées par GameSpot.
Fondé en 2008 à Paris par d’anciens développeurs de Monte Cristo, Spiders faisait partie des studios français installés sur le créneau du RPG AA, avec une production régulière et une identité assez claire. La société utilisait son moteur maison, le Silk Engine, et avait enchaîné au fil des années Faery: Legends of Avalon, Bound by Flame, Mars: War Logs, The Technomancer, GreedFall puis Steelrising. Le studio avait été racheté par Nacon en juillet 2019.
Une fermeture liée à la situation de Nacon
Cette disparition ne tombe pas seule. En mars, Nacon avait lancé une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille, après que Bigben Interactive, actionnaire majoritaire avec 76,7 % du capital, s’est retrouvé incapable d’assurer un remboursement partiel d’un emprunt obligataire à l’échéance prévue. L’éditeur avait alors repoussé son showcase et expliqué que ses sorties restaient maintenues, tout en assurant être confiant sur l’issue de la procédure.
D’après les éléments relayés par Gamekult et Origami, Spiders faisait partie des actifs que Nacon cherchait à vendre pour améliorer sa situation. Aucun repreneur ne se serait manifesté. En l’absence d’offre, la liquidation du studio a donc été demandée. Gamekult précise aussi que d’autres filiales du groupe, comme KT Racing, Cyanide et Nacon Tech, ont elles aussi été placées en redressement judiciaire, mais que Spiders était, à ce stade, le seul studio explicitement mis en vente.
Dix-huit ans d’activité et une place à part dans le RPG AA
Spiders n’a jamais joué dans la même catégorie budgétaire que les très gros studios de RPG, mais il s’était taillé une place identifiable. GreedFall avait sans doute été son plus gros marqueur, avec sa proposition de jeu de rôle teintée de fantasy coloniale, tandis que Steelrising avait tenté une lecture plus accessible du souls-like dans une version alternative de la Révolution française. Plus récemment, GreedFall: The Dying World avait d’abord été lancé en accès anticipé en 2024 avant d’arriver en version 1.0 en 2026, avec un accueil moins favorable.
La fermeture a aussi une portée symbolique dans le paysage français. Spiders existait depuis dix-huit ans, et longtemps sous la direction de Jehanne Rousseau, décorée de l’Ordre national du Mérite en 2021. Selon les informations de Gamekult, le CSE organise comme il peut le rachat de matériel par les salariés qui le souhaitent, et l’équipe a transformé son dernier rendez-vous hebdomadaire en hommage formel à la vie du studio.
Le cas Spiders résume assez brutalement une tendance déjà bien installée dans l’industrie : quand la structure financière du groupe parent cède, même un studio identifié, avec plusieurs jeux sortis et une image solide auprès d’un public de niche, peut disparaître très vite. Pour Nacon, c’est aussi le premier signal concret que la crise ne se limite plus à des reports de communication ou à des promesses de continuité.
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