Sony a reconnu dans ses derniers résultats financiers une lourde dépréciation liée à Bungie. Sur l’exercice fiscal 2025 clos fin mars 2026, le groupe japonais a enregistré 120,1 milliards de yens de pertes de valeur sur les actifs du studio, soit environ 765 millions de dollars. Cela représente déjà plus de 20 % des 3,6 milliards de dollars déboursés lors du rachat bouclé en 2022.

Il ne s’agit pas d’une sortie de trésorerie immédiate, mais d’un ajustement comptable très clair : Sony considère désormais que la valeur de Bungie est nettement inférieure à celle retenue au moment de l’acquisition. Dans les documents financiers du groupe, cette charge apparaît comme l’un des principaux freins au résultat opérationnel de l’activité jeux.

Le pari jeu-service de Sony encaisse un gros revers

Le rachat de Bungie devait renforcer durablement la stratégie live-service de PlayStation. Trois ans plus tard, le signal envoyé par cette dépréciation est bien moins flatteur. Sony ne remet pas en cause l’existence du studio, mais le groupe acte noir sur blanc que la trajectoire suivie depuis l’acquisition n’a pas tenu les promesses initiales.

Cette correction intervient alors que Bungie reste pris entre deux fronts. Marathon devait ouvrir un nouveau cycle pour le studio, tandis que Destiny 2 continue de porter l’essentiel de son historique et de son image. Or ni l’un ni l’autre n’a vraiment offert à Sony le redressement ou la visibilité qu’un dossier de cette taille réclamait.

Une pression renforcée autour de Bungie

Une dépréciation de cette ampleur ne résume pas à elle seule l’avenir du studio, mais elle alourdit forcément la pression autour de sa direction, de ses coûts et de sa feuille de route. Sony avait racheté Bungie pour sécuriser un savoir-faire précis dans le jeu-service ; voir une partie aussi importante de cette valeur effacée en quelques années change forcément le rapport de force.

Bungie n’est pas annoncé au bord d’une fermeture, mais le studio entre clairement dans une phase plus délicate. Quand une acquisition à 3,6 milliards de dollars oblige Sony à rayer près de 770 millions de sa valeur comptable sur un seul exercice, le message est limpide : la patience existe encore, mais elle coûte déjà très cher.