Sony a profité de la présentation de ses résultats financiers pour préciser la place que l’intelligence artificielle doit prendre dans ses activités, y compris chez PlayStation. Le groupe pose une ligne officielle assez nette : l’IA doit servir la création, pas remplacer les créateurs. En parallèle, ses dirigeants décrivent déjà des usages concrets dans les studios et des retombées mesurables sur d’autres branches de l’entreprise.
Hiroki Totoki, PDG de Sony Group, a résumé cette position en expliquant que « la créativité humaine doit rester au centre ». Sony présente donc l’IA comme un outil d’assistance et d’accélération, pas comme un substitut aux équipes. Le groupe indique aussi avoir déjà investi plus de 50 millions de dollars dans les capacités IA de Sony Pictures, pour des usages allant de la planification de production à l’analytique, la protection de contenu ou la conversion 3D.
Des outils déjà utilisés dans les studios PlayStation
Hideaki Nishino, PDG de Sony Interactive Entertainment, a cité deux exemples déjà en circulation dans les équipes PlayStation. Le premier, Mockingbird, est utilisé chez Naughty Dog et San Diego Studio. L’outil sert à générer des animations faciales à partir de données de performance capture en une fraction de seconde, là où l’opération demandait auparavant plusieurs heures.
Sony a aussi présenté un système dédié à l’animation des cheveux. L’idée est de convertir des vidéos de coiffures réelles en modèles 3D afin de réduire une partie du travail manuel. Nishino explique que ce type d’automatisation doit surtout libérer du temps pour les équipes afin qu’elles se concentrent sur les mondes, les situations de jeu et le gameplay.
Une logique qui dépasse la seule production
Sony ne limite pas ce discours au développement. Nishino avance aussi que les outils IA de routage des paiements ont généré plus de 700 millions de dollars de revenus supplémentaires sur les trois dernières années. Le principe consiste à mieux orienter les transactions vers les bons réseaux de paiement pour récupérer davantage d’achats qui auraient sinon échoué en cours de route.
Le groupe regarde aussi du côté de la personnalisation, avec des recommandations capables de pousser un jeu, un moment de jeu, un abonnement, un accessoire ou un produit dérivé selon le profil de chaque utilisateur. Sony reconnaît toutefois que les modèles actuels gardent des limites sur la cohérence et le contrôle des résultats, tout en soulignant un autre risque plus large : la pression mise sur la mémoire RAM par la demande des centres de données liés à l’IA.
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