La situation continue de se dégrader autour de MindsEye. Build A Rocket Boy aurait lancé une nouvelle vague de licenciements touchant environ 170 salariés sur les 250 que comptait encore le studio. Si ce chiffre se confirme, il ne resterait qu’une petite quatre-vingtaine de personnes en poste pour maintenir l’entreprise et poursuivre le travail sur un jeu déjà très abîmé par son lancement.

Plusieurs départs ont aussi été signalés publiquement par des employés ou ex-employés sur LinkedIn et sur le Discord officiel de MindsEye. L’ampleur exacte de la coupe n’a pas encore été officialisée, mais l’ordre de grandeur suffit déjà à mesurer la casse. Pour un studio de cette taille, perdre près de sept personnes sur dix change tout : capacité de production, rythme des correctifs, suivi du jeu et simple stabilité interne.

MindsEye traîne ce passif depuis sa sortie en juin 2025. Porté au départ par le nom de Leslie Benzies, ancien cadre majeur de Rockstar, le projet avait bénéficié d’une vraie attente avant de s’écraser au lancement. Le jeu a fini associé à l’un des lancements les plus mal reçus de l’an dernier, et cette réception a rapidement été suivie de premières suppressions de postes.

Screenshot de MindsEye
Crédit : MindsEye

Un studio qui s’enfonce depuis le lancement

Build A Rocket Boy avait pourtant présenté une feuille de route pour corriger les principaux problèmes du jeu. Elle devait servir de base à une remise en état progressive. Mais entre les nouvelles réductions d’effectifs et l’état général du studio, cette promesse paraît de plus en plus difficile à tenir. Corriger un lancement raté demande du temps, des équipes et une organisation solide. Avec une structure amputée à ce niveau, la marge de manœuvre se réduit fortement.

Le plus inquiétant, c’est que cette nouvelle vague arrive après plusieurs mois de tensions internes déjà très lourdes. Des développeurs avaient publié une lettre ouverte dénonçant un crunch jugé insupportable, ainsi qu’un manque de transparence et de communication. En avril, une action en justice portée par le syndicat IWGB Game Workers a aussi visé l’entreprise, avec des accusations d’installation de logiciels de surveillance sur les appareils des employés sans leur consentement.

Ces licenciements surviennent en plus juste après l’arrivée de la mise à jour Blacklisted, présentée comme le début d’une tentative de redressement pour le jeu. Le contraste est brutal : le studio parlait encore de comeback, alors qu’il se retrouve maintenant à fonctionner avec des moyens humains potentiellement divisés par plus de trois.

Screenshot de MindsEye
Crédit : MindsEye

Accusations internes et climat de défiance

La direction n’a pas aidé à calmer le jeu. Mark Gerhard, co-PDG du studio, a publiquement soutenu l’idée qu’un effort concerté pour nuire au jeu, voire de l’espionnage d’entreprise, aurait participé à l’échec de MindsEye. Il a même laissé entendre qu’une future mise à jour pourrait intégrer des personnages inspirés d’anciens employés qu’il soupçonne d’avoir participé à ce sabotage.

À ce stade, la question n’est plus seulement de savoir si MindsEye peut être redressé. Il faut aussi voir si Build A Rocket Boy a encore les moyens humains de le faire sérieusement. Avec environ 80 personnes restantes selon les estimations relayées par plusieurs sources, le studio entre dans une phase où chaque nouveau revers pèse immédiatement sur la survie du projet.